lundi 12 janvier 2009

Chapitre sixième

 

 

-       Bon, assieds toi que je t’explique. Dit Kryztof à son compagnon d’infortune.

« Tout d’abord, t’inquiète, les C-D je les ai gratuit. Et  le fameux colis est en fait deux colis en un. Hier soir, je n’ai pas pu prendre le paquet, pour des raisons que je te raconterais, et aie simplement eu l’idée de demander à Solène, la secrétaire, si elle pouvait me faire le plaisir et me rendre le service d’apporter le colis chez moi, ce soir. Vu qu’elle a un œil sur moi, hé, hé !

-       Hé, hé ! Hé, hé, hé ! Trouva à rétorquer Lino. Y’a anguille ? Hein ? Y’a anguille sous roche ?

-       Peut-être, va savoir ? En tout cas j’aimerais bien, tu vas la voir, elle est superbe.

-       Elle se prénomme comment ?

-       Tilda.

-       Tilda ? Ça fait vachement british, enfin pour toi c’est l’idéal. Et tu dis que sa venue est imminente ?

-       Je pense, elle termine le boulot à la même heure que moi, vu qu’elle aussi prend le tram, j’imagine qu’elle sera là d’une minute à l’autre. Quelle heure est-il s’il te plais ?

-       Tu me demandes l’heure à moi ?! Il faut vraiment que ton esprit soit possédé par des forces obscures du côté de La Force. Mais bon comme tu n’es pas toi-même - Lino prit un air gracieux et serein - Je vais te répondre.

« JE N’AI JAMAIS L’HEURE SUR MOI ET NE SAIS JAMAIS QUELLLE HEURE IL EST !!!! » «  Tu te souviens maintenant ? ». Reprenant son calme et sa sérénité.

-       Oh ça va, c’était juste une question purement rhétorique.

-       Mouuuaaaiiisss…

-       En même temps tu es devant le Mac. Ce ne devrait pas être trop difficile de pousser la souris pour que l’écran s’allume et que l’heure apparaisse en haut à droite. Lui rétorqua Kryztof d’un œil placide et complice.

 

Et puis Kryztof eut l’air de paniquer ! Il se souleva sur ses genoux telle une personne prête à bondir sur une hauteur de trois étages (comme l’aurait fait Steve Austin dans ses bons jour), et cria presque : « Mon i-phone est en charge sur ta gauche hein ? Je veux dire, regarde ! Il est là ? ».

 

Lino, interloqué par ce brusque effet d’affolement, tourna son cou vers la gauche à la manière d’un tic nerveux. D’une vitesse effroyable il balaya du regard  le bureau de Kryztof (une table, deux chaises).

Sans trop comprendre ce qu’il cherchait, car toujours étonné par la réaction de son ami, il commença à bafouiller (comme dans la plupart de ses moments de panique)

-       Scuse Stof’ je je  comprend pas c’que t, tu cherches ?!

-       Mon i-phone putain, mon portable ! T’es con ou quoi ?

-       Ça va ! Calme-toi !

Lino qui avait compris la situation (pas con le mec !), se passa la main devant le visage tel Lino Ventura quand quelqu’un commençait à le gonfler.

-       Non mais c’est pas vrai ! Ne me dis pas ça ! Tu n’est pas entrain de te transformer j’espère ?

-       Transformé en quoi ? Demanda un Kryztof  avec un début de compréhension.

-       Transformé en abruti du téléphone. J’y crois pas. Lino prit une voix de bobo : « Où il est mon portable, c’est pas vrai, que vais-je devenir ? Sans lui ! »

-       C’est pas qu’un portable, c’est un i-phone. Lanca Kryztof pour reprendre un peu de contenance.

Lino qui commençaot vraiment à s’amuser aux dépends de son meilleur ami, repris, toujours avec  timbre de voix suraigu  :

« Ciel ! Mon i-phone ! Mon i-phone adoré, reviens-moi je t’en supplie ! »

-       Bon ça va Lino, tu es emmerdant quand tu te mets à t‘emporter bêtement comme ça !

-       Ha bon… je croyais que c’était une facette que tu aimait bien chez moi.

-       Mais oui bien sur, mai dans ce cas précis c’est pas pareil.

-       Pourquoi ? Parce que c’est centré sur toi ?

-       Mais non !

-       Mais si…

-       Mais non !!!

-       Mais si, roi de la MFE*, putain tu changeras jamais, t’es pire que mon père, ha, ha, ha !

 

Sur ce, Kryztof se leva brusquement du sofa rouge sue lequel il était assis, longea son bras près de Lino comme pour lui mettre une baffe, bifurqua au dernier moment (lino sentit même que ses doigts avait trop souvent plongés dans le sac de Curly au fromage). Puis Kryztof d’un geste lent, mais précis et incontournable, passa sa main à la gauche de Lino, débrancha l’i-phone que Lino remarqua enfin, le pris dans sa main pleine de miettes de Curly, s’approcha du visage de son pote et, le fixant dans les yeux d’un air absent, lui balança : « HA, HA ! JE L’AI EU ! ».

Lino resta la bouche ouverte tel une carpe qui n’aurait pas bailler depuis des lustres.

- Kryztof je…

1 commentaire:

Krystof a dit…

Un i-Phone, un sofa rouge... quel blaireau ce mec !!!