Chapitre quatrième
Verdoyant l’Ardèche… surtout quand il neige…
Lino avait tiré son pote Kryztof de ses pensées immobilières, sur lesquelles nous reviendrons plus tard.
Il est vrai qu’après cette discussion, Kryztof était dans tous ses états ! Il s’affolait, tournait en rond, se posait des milliards de questions, s’asseyait, se relevait, restait pensif pendant (c’est arrivé une fois) une demi-heure, bref devenait fou.
Lino, légèrement décontenancé par cette attitude si peu familière chez son ami, avait dans un premier temps songé à mettre les bouts. Pas le laisser tomber, non ! Simplement se barrer vite fait en lui faisant comprendre que s’il avait besoin de lui quand “son quart d’heure de folie“ finirait d’être, et bien… il saurait où le trouver !
Presque enragé, le père Lino habituellement si tranquille arracha son blouson des bras de la chaise qui lui faisait face, il le jeta nonchalamment sur son épaule se retourna d’un air vif puis un « salut » furtif sorti de sa bouche tordue de colère tout en se dirigeant vers la porte de sortie. Il empoigna le bouton de la porte et un déclic se produisit, non dans la serrure mais dans le cerveau de Lino.
Mais qu’avait-il donc dans la tête ? De qui parlait-on là ? De son meilleur ami, de son frère, de son alter ego, du garçon qui avait pris le plus d’ampleur dans sa vie (platoniquement, n’en déplaise à certains) ? Et bien oui, il s’agissait bien de cette personne… ALORS QU’EST QUIL FOUTAIT À SE BARRER COMME UNE MERDE RAMPANTE QUI VEUT SE DÉFILER DEVANT LES ENNUIS ALORS QUE SON “ BROTHER“ A BESOIN DE LUI ? Bordel !
Lino, qui n’était pas vraiment, concrètement quelqu’un qui avoue ses erreurs, ou qui refait surface après un conflit ou une engeulade comme si le train n’était pas passé. Lino donc, ressenti la nécessité de surmonter ses raisons existentielles afin de revenir vers son Kryztof d’ami.
Il prétexta cependant une autre raison afin de préserver son anonymat de garçon bienveillant envers les autres, tous les autres…
- Ho putain, j’allais oublier. Lui lança t-il. Il faut absolument que tu me passes les DVD vierges aujourd’hui
Kryztof qui regardait son ami avec cironsperction, lui répondit néanmoins d’une voix très affable
- Le colis devrait arriver dans l’après-midi, tu n’as qu’à attendre ici et je te file tout ça… mon pote !
Lino, qui avait repris du poil de la bête (oui c’est vrai, il ne lui en faut pas beaucoup), écarquilla les yeux puis, sa colère remontant quelque peu vers le bide, lui rétorqua.
- Le colis ? Quel colis, je croyais que tu les prenais à ton boulot. Hé, si tu les achètes il n’est pas question que tu me les donnes. Je savais pas putain, sinon je n’en t’aurais pas demandé autant, voire pas du tout qu’est ce que je raconte moi ! J’croyais que tu les piquait à cette connasse de raciste, c’est un pléonasme je te l’accorde, qui te sert de patronne, l’autre pouf’ quoi ! Merde, ça me fous mal à l’aise cette histoire.
Kryztof n’avait pas perdu une miette de la grandiloquence avec laquelle Lino avait exprimé ses propos, du coup il du se retenir de pouffer pour lui répondre avec plein d’empathie dans la voix.
- Ha, ha ,ha… et après c’est moi que tu traites d’intellectuel ou de casse couille littéraire alors que toi tu plonges directement sur le mot, hein petit scarabée ? Tu entends colis et tout de suite tu penses La poste, ou Fedex, ou l’autre là, je sais plus comment ils s’appellent … leur camion est tout marron ?
- Ch’sais pas lui répondit sèchement Lino, c’est pas Ups ? Enfin je crois ? Et puis d’abord qu’est ce que ça vient faire dans la discussion et qu’est ce que l’on peut bien en avoir à foutre de ces sociétés ?
- Rien, je veux dire simplement que dès que tu as entendu le mot colis, l’image de La poste ou autre t‘es apparu aussi sec devant les rétines, c’est tout…

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