Chapitre douzième
- Nom de dieu de putain de bordel de merde !!! S’écria Lino, en pliant maladroitement le journal.
Il essaya d’analyser la situation brièvement, puis détacha ses yeux à la recherche de Kryztof.
Tout en avançant pour retrouver son ami il considéra la situation.
Il avait quelque peu entendu parler de cette histoire, les commérages du village somme toute, mais n’avait pas eu vent d’informations plus précises.
Ceci le tourmentait car la décision de faire venir sa fille de Nice en train était prise.
Il décréta, pour une fois, d’éclairer sa lanterne pour un drame que l’on “ressassait“ dans les médias ; et tenta de rentrer dans les détails de l’affaire afin de s’assurer que le seul et unique amour de sa vie ne court aucun danger.
Kryztof, qui, vraisemblablement, avait l’intention d’attendre près de la voiture, se laissa guider les jambes au bon gré de l’animal électronique qu’il avait entre ses mains.
Il avait enclenché (Lino l’apprendra plus tard) « Plan ». Une sorte de GPS intégré dans le portable. C’est une application, que l’on télécharge sur i-tunes et qui, une fois installée, donne l’emplacement exact de la position où vous vous trouvez et, avance au même titre que vous en étant représenté par une épingle à tête bleue glissant sur la carte de la région où vous vous situez puis reprend vos déplacements simultanément sur l’écran dudit I-Phone.
“Queue de cheval“ s’orienta vers Intermarché (où Lino voulait de toute manières aller faire des courses, pensa t-il), puis entreprit sa longue marche (70m) jusqu’au supermarché, guidé par son infernale machine.
Mais les lois du corps humain sont ainsi faites. Et en conséquence, sa gorge et sa langue l’appelant : « au secours ! », il fit halte dans un bar pour se désaltérer. Et ô miracle l’établissement en question était équipé d’une connexion Wi-Fi. « Mais Dieu a pris sa journée pour s’occuper de moi aujourd’hui ? Cool ! » se dit-il avec une grande modestie.
Il poussa le rideau de ficelles entrelacées avec des morceaux de plastiques multicolores qui faisait office de porte, entra dans ce sanctuaire de la communication informatique et s’empressa de commander un verre au barman afin que celui ci lui donne le mot de passe lui permettant de se connecter au saint Graal.
- Bonjour monsieur je voudrais un demi s’il vous plaît. Et pouvez vous me donner, par la même occasion, le code d’accès de votre connexion afin d’accéder à votre borne Wi-Fi ? Demanda t-il d’un ton tout guilleret.
Le barman, un jeune et grand gaillard à la carrure impressionnante, avec un visage poupin sans âge que quelque rides trahissaient tout de même, lui répondit quasiment du tac au tac
- Bonjour ! Il se déhancha jusqu'à l’appareil à pression, remplit la chope qui était destinée à Kryztof, lui apporta, et lui assena : « Pour le Wi-Fi pas de besoin de code, c’est une entrée non sécurisée ».
Le regard étonné de Kryztof n’avait pas échappé au barman qui poursuivit.
- Oui, je me suis dis que de toutes façons l’abonnement étant payé, ensuite qu’il est hors de question que je fasse dépenser de l’argent à mes consommateurs pour surfer une demi- heure sur le Net. Je laisse donc l’accès libre à tout le monde. Et tant pis, ou tant mieux, si certaines personnes qui ne rentrent pas dans mon bar peuvent également se connecter.
« Je vous l’ai dis, ça ne changera rien au fait que je paierais quand même 29,90€ par mois ! ».
Kryztof lui adressa un sourire sincère et lui demanda s’il pouvait s’installer en terrasse.
- Avec le froid qu’il fait s’étonna le barman ?
- J’attend un ami qui ne sait pas que je suis là et nous devons aller à Intermarché, alors… au fait vous n’auriez pas le journal s’il vous plait ?
Et il lu…








