Chapitre neuvième
Qui est en fait un remaniement du chapitre huitième
Appuyé sur le râteau que lui avait confié Lino afin de dégager du garage la sciure qu’ils avaient engrangée en fendant le bois pour se chauffer la soirée, Kryztof s’enthousiasmait toujours de ce qu’il percevait autour de lui.
C’est donc ça la nature ? Se dit-il d’un air satisfait.
La maison du père de Lino ne bénéficiait pas de système de caléfaction moderne à proprement parler, c’est à dire chauffage ou autre climatisation électrique. Mais disposait par contre d’un formidable réseau de cheminée, poêle et cuisinière à bois ; et donc pour ne pas se cailler il fallait alimenter tout ça en bois d’arbre, et ce n’étais pas une mince affaire.
- C’est quand même chiant que l’on ne puisse capter… les portables je veux dire. Ca fait trois jours que nous sommes arrivés et je n’ai même pas eu l’occasion de me servir de mon i-phone.
- J’t’avais dis de le laisser chez toi, mais non, il à fallu que tu t’entêtes à l’emporter. En plus tu te souviens que cette une des raisons de nos problèmes ? Et de notre présence ici qui plus est. Remarque ce n’est pas pour me déplaire, au contraire.
“Queue de cheval“ (Lino s’amusait à lui donner ce sobriquet de temps à autre) allait ouvrir sa mâchoire mais elle resta en suspens car Lino ne lui laissa pas le temps de débuter la phrase que Kryztof voulait entamer. Il reprit.
- T’es vraiment chiant ! Si on se prend la tête à cause de ton maudit appareil je te jure que je le jette dans le fourneau, aussi vrai que l’esclavagisme d’enfants existe !
Kryztof abandonna le manche de son râteau quelques instants en l’apposant délicatement sur le mur en pierre de taille, puis s’en vint vers Lino, et, d’un air quelque peu mélancolique lui posa LA question.
Ses yeux, prenant un air de chien pas battu mais triste, se levèrent vers le visage de Lino, puis il lui bredouilla :
- Est ce que l’on ne pourrait pas aller en ville histoire que je relève mes mails, au moins ça.
Lino détaillait les expressions sur le visage de son ami et se senti contraint de se calmer et de répondre posément et calmement :
- Tu sais bien pourquoi nous sommes ici ?
Comme ci la remarque, qui était plus une affirmation qu’une question, était d’une évidence née, Lino récupéra le dialogue puis répondit d’un air dépité mais compatissant à son copain : « Allons- y ».
- Youpi !!!! Ouais !!!! Cria Kryztof , d’un air débonnaire et joyeux. Il se mit à tourner autour du tas de sciure, se rapprocha du mur, pris le râteau qu’il avait abandonné et se mis de plus belle à ratisser tout autour de lui toute la sciure qui “n’avait rien avait faire ici“. « Aller hop ! Dans le poêle ce soir la sciure et hop ! » l’entendit bafouiller Lino, non sans une totale incompréhension de la situation.
- Allez lâche ton râteau Charles, on y va.
- Je te suis mon ami.
Lino descendit vers la charrette et l’ “Ami“ failli se casser la gueule en glissant sur une feuille d’arbre en bois, verglacée, disposée, là, à coté de la portière de la voiture coté conducteur, comme ci celle-ci (la feuille verglacée) était destinée à ce brave Lino.
Il grommela dans sa barbe : « ‘ommence sérieusement à me gonfler cette journée ».

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