

Chapitre onzième
« LE TUEUR A ENCORE FRAPPÉ ! »
«“ L’ours d’Ardèche“ comme le nomment dorénavant les habitant du bassin Vernousain, continue sa série de meurtres inexpliqués et inexplicables.
“Le corps d’une femme découvert à proximité de Chalencon.“
Le cadavre, à moitié mutilé a été aperçu par deux jeunes enfants qui s’amusaient à glisser dans l’herbe avec leur vélos à proximité de l’endroit où gisait le corps.
Ils avouent évidemment avoir été horrifiés par l’espèce de mise en scène dans la quelle était empêtrée la malheureuse victime.
On les comprend lorsque l’on sait que l’on a retrouvé un corps à moitié nu écarté en deux, partant du bas de la gorge pour s’arrêter à la lisière du pubis, d’une disposition et d’une façon qui faisait penser à un livre humain entre ouvert dont la couverture était maculé de sang. La bouche béante de la victime contenait masse de papier enfourné jusque dans la gorge (on apprit par la suite que l’on avait retrouvé dans l’estomac de la victime l’équivalent de 750 grammes de papier provenant de divers magazines).
L’inspecteur Legahec affirme avoir trouvé, avec l’aide du médecin légiste, également du papier obstruant tous les autres orifices du corps mutilé.
En effet après notre enquête auprès de la morgue de Privas, le docteur Lemousaha nous a démontré que les oreilles, les narines, le vagin et l’anus avaient été bourrés de pages, provenant encore une fois de divers magazines.
L’abominable mise en scène horrifique de cette scène de crime démontre une fois de plus que “L’ours d’Ardèche“ ne suit pas de règles précises pour tuer ses victimes.
· Le 15 juin Marie Nelson, 45 ans, comptable, a été étranglée à l’aide d’une mince corde à emballer puis le corps fut retrouvé abandonné au beau milieu du sentier qui mène à la rivière de l’Ornière.
· Le 23 octobre Ernestine Laborine, une dame de 73 ans fut repêchée dans un petit lac environnant la commune de Saint Jean Chambre. Violée, sodomisée et le dos lacéré de 17 coups de couteau à pain.
· Le 05 décembre Sarah Marlin, 27 ans, antiquaire de son état resta plusieurs jours enfermée dans l’une de ses armoires qui ornait son magasin. Son amie et associée a découvert le corps par pur hasard en cherchant un foulard. Ce qui lui fit ouvrir la porte de l’armoire-cercueil.
Le corps de sa copine se renversa et s’écrasa lourdement sur sa poitrine.
Paniquée, la jeune femme avait repoussée, tant bien que mal, en s’aidant avec ses jambes et ses pieds, le cadavre de son associée. Puis entrevit simultanément, horrifiée, que les orbites étaient vides et les pieds, dont une chaussure manquait, étaient découpés à la hauteur des chevilles.
L’autopsie démontra que la langue avait été arrachée, les oreilles coupées vulgairement, les tétons (d’après le légiste ont aussi été déracinés. Avec une pince de forte pression précisa t-il). Le nez avait était comme raboté de la même manière que… le clitoris de la jeune femme.
“Ce sont tous ces détails qui nous font penser que nous n’avons peut être pas affaire à un tueur en série“ déclara le commissaire Broussard lors de la dernière conférence de presse donné au Monastère Saint Baptistin.
« Un serial killer agit avec des principes, des habitudes, des récurrences, une espèce de règle ou de chemin spirituel qu’il doit suivre. Ici nous n’avons rien de tout ça, aucune ressemblance dans les actes barbares de ce monstre, aucunes similitudes.
Les victimes n’ont pas le même âge, ne sont pas issues du même milieu, pas la même classe sociale etc.. donc comme je vous le disait aucun rituel n’a été “respecté“ ».
Un silence resta en suspens quand un journaliste grand et mince avec de grandes oreilles décollées demanda à Broussard si le fait que les quatre victimes soient des femmes ne constituait pas, justement, une similitude, aussi mince soit elle ?
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(le journaliste s’est permis d’imaginer le dialogue plus ou moins exact, selon ses sources et références, qui se déroula entre les deux hommes)
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- Monsieur ? Ordonna presque le commissaire.
- Julien Rafin du “Journal du dimanche“
- Mais nous sommes lundi… essaya de plaisanter Broussard pour détendre un peu l’atmosphère qu’il sentait monter en mayonnaise. Mais au vues des mines de l’assemblée qui se dressait devant lui, ainsi qu’un silence assourdissant qui semblait lui dire « Tu crois que c’est le moment de plaisanter ? », Broussard recouvra aussitôt son sérieux et son légendaire professionnalisme, puis déclara à la cantonade.
« Après la découverte du corps de ce matin vous pensez bien que toutes les forces de l’ordre : Gendarmerie, Police Nationale et même un détachement de l’armée, se sont mis en branle » .
« Les informations circulaient au dessus de nos têtes telles des réseaux de fils à électricité statique. Les lignes téléphoniques inter police étaient totalement saturées.
Et c’est en répondant par hasard au premier téléphone qui se trouvait près de moi, que je reconnu la voix du Commandant Lefebvre de la gendarmerie de Lamastre, qui est un ami. »
« Après s’être assuré qu’il s’agissait bien de ma personne il m’annonça que l’on avait également retrouvé un corps près de la forêt dite “Forêt blanche“( certainement à cause des milliers de pins de couleur très claire qui occupaient cette partie de la région.) »
- Dans quel état l’as tu trouvé ? Puis marmonnant au bout de l’appareil téléphonique il laissa échapper : « putain de tueur de femmes ! »
- Qu’as tu dis Roland ? Demanda le gendarme d’un ton circonspect.
- Je dis que cinq meurtres de femmes, même dans toutes ces circonstances différentes, et bien ça peut ressembler à un lien.
- Sauf une chose mon ami.
- La quelle ?
- “Ma victime“ est un homme et qui plus est encore vivant.
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(Fin du dialogue improvisé)
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Le commissaire repris son discours face à une foule grandissante et grondante.
« Voilà monsieur Rafin, pour répondre à votre question. Apparemment l’énigme n’est pas essentiellement axée sur la gente féminine. »
«Maintenant je vous prie de bien vouloir m’excuser mais vous comprendrez que j’ai du pain sur la planche et que donc je vous souhaite une bonne journée à tous. »
La foule, y comprit les journalistes, resta interdite devant cette sortie théâtrale que Broussard a l’habitude de répéter. Mais surtout ils étaient surpris que la cinquième victime soit du type masculin et vivante de surcroît. Pas mal de questions restées en suspens allaient peut être avoir leur réponse par le biais ce cette nouvelle agression.
La police n’ayant pas voulu nous en dire plus nous vous informerons aussitôt dès que nous détiendrons d’autres informations.
La rédaction.








